Serge Bimpage
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Extrait de "Le Voyage inachevé" Convertir en PDF
Écrit par Administrator   
21-09-2011
Mon dernier roman Le Voyage inachevé vient de paraître aux Editions de L'Aire. En voici un bref extrait en guise de mise en bouche. 

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« Ce matin–là, je me souviens m’être regardé dans le miroir. L’image qu’il me tendait ne ressemblait en rien à celle que je me faisais du jeune homme au fond de moi. Je réalisai alors non sans une certaine panique que le temps qui me séparait du jour où je m’étais dit je suis moi était à peu près égal à celui qui me resterait à vivre.
Oui, c’est juste après cela que m’attendait le courriel de Nomia. Elle allait rentrer de voyage. Elle avait la ferme intention de me revoir. Te rends–tu compte : nous nous étions perdus de vue depuis une vingtaine d’années et voilà qu’elle sortait du néant, la bouche en coeur ! C’est le passé, lui ai–je fermement répondu, inutile de le remuer. Une fois de retour, pourtant, elle a quand même appelé et elle ne s’est pas gênée d’insister. 
Je la revois se déshabiller. Fière, méprisant le froid. Enlever tout ce qu’elle a sur elle. Se débarrasser des stigmates du voyage. Dos au mur, je la regarde. Je voudrais lui parler de mon rêve ; elle évoquerait mon sempiternel déchirement entre le désir monacal et la tentation de l’errance. Au lieu de quoi, je me raconte ce qu’elle est en train de commettre, tente de me convaincre de l’impensable réalité de son départ. 
Elle trie ses effets. Les range par piles, soigneusement alignées sur le lit. Les habits qu’elle emportera, ceux qu’elle donnera. Elle n’est déjà plus là. Plus que son mutisme, le dérobement affairé de son corps clame son absence. Il m’abandonne, âme quittant le mort. 
Elle enfourne ses effets personnels dans son sac à dos. Avec le même emportement, la même morgue, elle se sépare du manteau gris élimé, du pull en laine d’alpaca que je lui avais offert, du bonnet quechua qu’elle avait marchandé. Enfin, leT–shirt orange qui laissait si bien jaillir les pointes de ses seins et le jean marron qui ne la quittait pas. 
La chambre et le silence se confondent, témoins d’un procès muet. Plus rien à plaider, plus rien à espérer. Nous baignons dans l’irrémédiable, la nostalgie, déjà, de ce qui ne se produirait pas entre nous. 
Je détaille les pieds du lit en fer forgé, montés sur des roulettes rouillées ; la couverture de laine, le dessus de lit en macramé de couleurs vives mais passées ; la lampe, la poignée de la porte ; la tache ocre, au centre du mur crépi à la chaux, prolongée d’une fente dont le dessin suggère un Don Quichotte arrêtant son cheval au bord du gouffre.
Elle me précède. S’arrête devant le premier pauvre dans la rue pentue de La Paz. Dépose le paquet de vêtements sous ses yeux estomaqués et poursuit sa route. Je ne lui avais jamais remarqué cette démarche chaloupée, presque débonnaire. 
A l’aéroport, elle s’effondre. Se jette dans mes bras, s’agrippe comme à un arbre dont elle ne voudrait pas tomber. Ses larmes coulent dans mon cou, son corps est secoué de spasmes, elle gémit, petite fille qui abandonne avant d’être abandonnée. Jamais je ne l’ai sentie aussi proche comme elle s’apprête à me quitter. Il faut que je reprenne mes études, tu comprends ? Ses cheveux si vivants. La dureté du linoléum, l’indifférence du béton. 
Une force inouïe nous sépare. Dans sa paume géante, pusillanimes créatures, tous nos plans sont vains. Nous campions chacun sur les certitudes de nos craintes. Nomia ne voulait ni arrêter le monde ni en descendre. Ce train de la réussite, elle comptait bien le prendre. De nos errances à claire–voie, elle n’avait que faire, la marge, elle n’en appréciait que les contreforts. 
Sa silhouette hésitante, derrière la vitre de la douane. Deux pas vers moi, trois vers l’avion. Son sourire désolé. Sa main, timide, qui ne sait dire adieu… 
Je pensais tout cela bien enfoui. Toute cette époque, ces sentiments confus, exaltés, fragiles, sur quoi j’avais construit ma vie comme les végétaux rejoignent la terre. Sur elle, on évolue légers, ignorant de ce qui se trame au dessous. Il est d’inexorables exhumations. »
 
Lundi 2 mai : Jean-Louis Kuffer invité de la Compagnie des Mots de Genève Convertir en PDF
Écrit par Serge Bimpage   
24-04-2011

jlk_portrait.jpgAu restaurant de la Mère Royaume, dès 18h30, on fera connaissance avec l’un des meilleurs écrivain et critique littéraire de Suisse romande. Serge Bimpage reçoit en effet Jean-Louis Kuffer, bien connu des lecteurs de la Tribune de Genève et de 24 Heures. Ce journaliste, passeur, observateur et blogueur infatigable nous fera part de ses coups de cœur et de ses coups de gueule lors de cette soirée intitulée « Vivre, lire, écrire : mes passions partagées ». Avec la surprise de Vincent Aubert, comédien. 4, Place Simon-Goulart (parking Cornavin). Entrée libre.

 

 

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Laurence Deonna à la Compagnie des Mots de Genève Convertir en PDF
Écrit par Serge Bimpage   
06-04-2011

 Une cinquantaine de personnes ont assisté à une soirée inoubliable autour de l'écrivaine, photographe et reporter

"45 ans de reportages au Moyen-Orient"

Le très talentueux comédien Vincent Aubert a régalé son publiclogo_compagnie.jpg

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La Compagnie des mots Convertir en PDF
Écrit par Serge Bimpage   
24-03-2011

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Lundi 4 avril, de 18h30 à 20h00
Autour de la reporter, écrivaine et photographe
Laurence Deonna
« 45 ans de reportages au Moyen-Orient »

Animation : Serge Bimpage
Avec la surprise de Vincent Aubert, comédien

La Compagnie reçoit ses hôtes
 au restaurant de la Mère Royaume,
4 Place Simon-Goulart (parking à la gare Cornavin)
Entrée libre, consommation recommandée
Possibilité de se restaurer après. Nous recommandons vivement la cuisine de Loumé !


De la veine des écrivains voyageurs, Laurence Deonna arpente depuis des années le Proche et le Moyen-Orient. Elle observe d’un œil attentif les révolutions qui couvent actuellement dans ces régions. Le rôle des femmes occupe une place essentielle
dans ses réflexions.
Renseignements : 078 680 49 53. logo_compagnie.jpg

 

 
LA COMPAGNIE DES MOTS Convertir en PDF
Écrit par Serge Bimpage   
03-03-2011

Lundi 7 mars, de 18h30 à 20h00
Soirée exceptionnelle autour du comédien et auteur
Jacques Roman

Animation : Serge Bimpage
Avec la participation de Vincent Aubert, comédien

Pour offrir un plus vaste espace aux passionnés de littérature romande, la Compagnie des Mots reçoit désormais ses auteurs
 au restaurant de la Mère Royaume,
4 Place Simon-Goulart (parking à la gare Cornavin)
Bar, possibilité de se restaurer après. Nous recommandons vivement la cuisine de Loumé !


S’il est un homme dont l’imprévisibilité généreuse installe un climat poétique et d’échange, c’est bien Jacques Roman. Avec lui, et autour de son œuvre, nous envisagerons l’importance de la lecture et de l’écriture comme autant de formes de résistance.
Renseignements : 078 680 49 53.

 

 
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