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Le festival de Carthage : entre culture magrébine et productions multi ethniques. Convertir en PDF
Écrit par Serge Bimpage   
10-08-2007

Pour les ignorants comme pour les inconditionnels de la culture magrébine, le Festival de Carthage vaut assurément le détour ! Rôdé depuis 43 ans, ce rendez-vous annuel plonge ses racines au cœur de l’histoire la plus ancienne comme la plus récente de la culture tunisienne.

Sur le site archéologique, à deux pas du palais présidentiel, dominant la baie somptueuse de Tunis, le Festival ouvre les feux le 14 juillet pour se terminer le 16 août. Le jour de l’ouverture, pas moins de 200 artistes, poètes et chanteurs se succédaient dans un spectacle de trois heures. Le tout devant une dizaine de milliers de spectateurs répartis sur les gradins de l’amphithéâtre romain, entonnant et dansant ces airs malouf avec la même ferveur que les Italiens l’opéra.

Chaque soir, ces mêmes gradins ne désemplissent pas. Un succès qui tient tout entier dans la qualité de sa programmation. Des chanteurs très « racines » tels que Riad Fehri, talentueux compositeur et joueur de luth tunisien, Amel Maher, jeune égyptienne considérée comme la nouvelle Om Kalthoum ou l’émirati Houcine El Jesmi alternent avec bonheur avec des artistes ou des formations africaines telles que que l’ivoirienne Dobet Gnabhoré, chanteuse, danseuse et percussionniste, le Rénégade Steel Orchestra (17 musiciens) tapant des rythmes hallucinants sur des bidons de pétrole, voire néo occidentales comme le groupe latino-jazz Ozomatli de Los Angeles (10 musiciens d’origine ethnique différente).
A la tête du Festival depuis 1977, Raja Farhat a su faire évoluer ce dernier dans plusieurs lieux de la ville, donnant une impulsion artistique sans précédent à Tunis. C’est d’ailleurs à lui que le gouvernement a confié la direction du futur « Beaubourg de Tunis », le plus grand complexe de production et d’animation culturelle du pays qui ouvrira ses portes en 2009. Ce sera le troisième lieu culturel d’envergure dans le monde arabe, après l’opéra du Caire et celui de Damas.

Serge Bimpage

 
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