Serge Bimpage
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Moi, Henry Dunant, j’ai rêvé le monde, dans La Croix Convertir en PDF
Écrit par C.R.   
01-10-2003

« S’il m’a été donné d’accomplir la grand œuvre de la Croix-Rouge universelle, c’est pour avoir été désigné par le Très-Haut. A cela, je ne puis rien, si ce n’est Lui exprimer mon infinie reconnaissance de m’être trouvé là pour servir Son dessein, dussé-je payer cette élection, pareil au Christ, de la plus insupportable des disgrâces. »

Cette phrase tirée des Mémoires imaginaires d’Henry Dunant résume assez bien la personnalité qui se dégage de cette nouvelle biographie du fondateur de la Croix-Rouge. Profondément croyant, mais aussi mégalomane et terriblement orgueilleux au point de jouer systématiquement les grands seigneurs, quitte à se retrouver sur la paille. Le Genevois n’apparaît pas aussi philanthrope que son action aurait pu le laisser croire. Il a démarré sa carrière comme homme d’affaires. C’est en cherchant des appuis chez les puissant de son époque (il voue un culte véritable aux têtes couronnées), qu’il rencontre Napoléon III, peu avant la bataille de Solférino. Et si cette boucherie sera à l’origine de la création de la Croix-Rouge, c’est aussi parce que Henry Dunant, dépité par le refus impérial d’un appui pour son entreprise coloniale, cherchera un dérivatif. Sa soif inextinguible de reconnaissance exaspère ses contemporains. Justice lui sera finalement rendue, mais au prix d’une très longue traversée du désert qui en fera un homme brisé.

 
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