Serge Bimpage
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Moi, Henry Dunant, j’ai rêvé le monde, dans Le Courrier Convertir en PDF
Écrit par Roderic Mounir   
15-06-2003

Il arrive à point nommé, le livre de Serge Bimpage chroniqueur à la Tribune de Genève et auteur de plusieurs ouvrages empreints de mémoire, historique ou familiale. A l’heure où, en Irak, les armes font taire la diplomatie et craindre le pire au plan humanitaire, ces « mémoires imaginaires » d’Henry Dunant jettent une lumière inédite sur l’engagement têtu du fondateur du CICR. Cancre à l’école, homme d’affaire malheureux en Algérie, Dunant subit un choc le 24 juin 1859 lors de la bataille de Solferino, qui oppose Français et Piémontais. Venu assister au « spectacle » de la guerre, il en conçoit au contraire une profonde aversion. Après avoir improvisé des soins d’urgences, pour les milliers de blessés laissés à l’abandon, Dunant le philanthrope se fait visionnaire : auteur en 1862 d’un vibrant plaidoyer humanitaire - Un souvenir de Solferino - il fonde la Croix-Rouge internationale en 1875, imagine les Conventions de Genève et reçoit en 1901 le tout premier Prix Nobel de la Paix. Dunant achève pourtant sa vie ruiné et malade dans un hôpital de Heiden, Appenzell, où il meurt le 30 octobre 1910, à 82 ans.

C’est à Heiden que Serge Bimpage fait débuter son livre, en 1867, par la rencontre entre le vieux sage et Georg Baumberger, un journaliste local. Moi, Henry Dunant, j’ai rêvé le monde est le récit à la première personne du parcours de Dunant, entre anecdotes personnelles et déclamations pontifiantes. L’intérêt est inégal, même si l’affection évidente de Serge Bimpage pour son objet et la verve idéaliste de celui-ci font surgir les images au fil des pages. Comment rester insensible au pacifisme mêlé de pessimisme d’un Dunant qui, au soir de sa vie, rédige un pamphlet antimilitariste méconnu, L’Avenir sanglant, et prononce sous la plume de Serge Bimpage des paroles pour le moins prophétiques : « Notre civilisation tant vantée est désormais traversée par la barbarie dont le spectre m’est rien moins que la guerre universelle. »

 
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