| RESUME |
La presse écrite est en crise. Et cette crise touche tous les pays occidentaux, y compris la Suisse. Les facteurs de cette perte de vitesse des journaux payants sont multiples. Le premier, la concurrence de la télévision depuis les années 70, a non seulement contribué au désintérêt du lectorat pour le journal mais a en plus « volé » une grande partie de la publicité qui finançait les titres. Le deuxième facteur est incontestablement Internet. Facile d’accès, il permet de s’informer en temps réel et pour un prix encourageant. Bon nombre de personnes se sont détournées de la presse payante, privilégiant cet outil. L’apparition des téléphones portables et de télétexte a également, bien que dans une moindre mesure, contribué à péjorer la situation. Les conséquences de la crise sont variées. Il y a d’abord eu des regroupements industriels. De nombreux quotidiens ne disposant plus des ressources financières suffisantes pour rester autonomes ont été rachetés par les groupes de presse. Avec pour conséquence tout d’abord une homogénéisation des contenus des journaux, ceux–ci obéissant tous à la même logique de marketing. Ensuite, l’apparition des journaux gratuits lancés par les grands groupes de presse pour reconquérir des annonceurs et attirer le lectorat jeune. Paradoxalement, ces derniers concurrencent les titres payants qui souvent appartiennent à ces mêmes groupes de presse. Mais les effets de la crise portent tout autant sur la qualité de la presse. Transformant peu à peu le lecteur en consommateur, les médias tendent à sacrifier leur qualité et leur crédibilité sous l’emprise de l’audimat. La profession est elle–même touchée au cœur : non seulement le statut du journaliste s’est considérablement affaibli sous l’empire des groupes, mais la liberté de pratique du métier en vue d’une information démocratique a vu son champ d’action largement rétréci. Dans ce contexte, le marché des jeunes lecteurs constitue un enjeu de taille en terme de renouvellement du lectorat. L’espoir est énorme, en Suise romande comme ailleurs, que les jeunes, dragués par les « gratuits », viendront un jour à la presse payante. Or, j’ai constaté la quasi inexistence de sondage pour s’en assurer. C’est pourquoi j’ai réalisé un sondage au collège Claparède. Lequel n’autorise pas à être optimiste, car les jeunes délaissent résolument la presse payante pour se tourner vers le multimédia gratuit. D’autres stratégies sont donc à inventer pour que la presse écrite sorte de l’impasse. J’en suggère quelques–unes en guise de conclusion. |