5. LES JEUNES, LA PRESSE ET LE MARCHE

 
5.2. Les jeunes côté comportement

Ces hypothèses, sur les motivations du jeune lectorat m’ont donné envie d’aller voir de plus près, puisque, jeune moi–même et baigné dans la vie du collège, je suis entouré de ce lectorat-là. J’ai voulu examiner quelles sont les habitudes de ce lectorat. C’est ainsi que m’est venu l’idée d’élaborer un sondage auprès des étudiants de mon collège. Sur le conseil de ma professeure de mathématiques(29), j’ai choisi un échantillon de 100 personnes. Les questions posées sont inspirées d’un sondage(30) semblable réalisé auprès de jeunes romands de 12 à 18 ans. Je livre ci–dessous l’essentiel de ce qui en ressort. J’ai voulu vérifier l’hypothèse que les journaux gratuits avaient séduit les jeunes qui ne s’informait plus qu’à travers eux.

En effet, la majorité des jeunes participant à notre sondage s’informent à travers la télévision (64%) et les journaux gratuits (56%) comme illustré ci–dessous (fig.1)


(Figure 1)

 

La majorité des collégiens lit le journal dans le bus (64%) parce qu’il est offert gratuitement et qu’il y est à disposition sans devoir faire aucun effort pour se le procurer puisqu’on peut le trouver soit à l’intérieur du bus, soit à l’arrêt. 57% d’entre eux cependant le lit à la maison où les conditions sont les mêmes que dans le bus si la famille est abonnée à un quotidien. A savoir qu’aucun effort n’est nécessaire pour se le procurer. On voit donc que le milieu dans lequel vit le collégien, s’il est lecteur ou non de journaux va influencer son comportement. Seulement 22% lisent le journal à l’école et on pourrait faire l’hypothèse que si une diversité de journaux payants était à disposition à la cafétéria du collège, il aurait les mêmes conditions de disponibilité qu’à la maison ou dans le bus et cela inciterait d’avantage de jeunes à lire la presse payante. (voir fig. 2)


(Figure 2)

 

Bien que les jeunes trouvent que les gratuits survolent l’information et ne « creusent » pas suffisamment les sujets (76%) qu’ils disent tous la même chose au même moment (38%), qu’ils ne sont pas un moyen efficace de s’informer (64%), ils les lisent quand même parce qu’ils les trouvent divertissants (56%) et faciles à lire (49%).

Les quotidiens payants, au contraire, sont considérés comme un moyen efficace de s’informer (63%) et comme instructifs (55%). Mais ils prennent trop de temps à lire (45%). (fig. 3)


(Figure 3)

 

Comme le montre la figure 4 ci–dessous, les journaux gratuits sont lus de manière plus régulière que les quotidiens payants qui eux sont la plupart du temps lus une à deux fois par semaine (38%), voire moins souvent (32%).


(Figure 4)

 

La grande majorité des sondés s’accorde à penser que les gratuits informent beaucoup moins bien que les payants (68%) (fig.5) et que l’on n’a besoin de personne pour apprendre à lire les journaux (67%) alors que 55% ont déjà eu un cours d’éducation aux médias.


(Figure 5)

 

En résumé, les jeunes préfèrent les gratuits. Mais la télévision reste pour eux le canal le plus utilisé pour s’informer.

Il ressort de ce sondage que les jeunes lisent la presse s’ils n’ont pas besoin de la payer ni d’aller la chercher (4% seulement ont déjà acheté un journal en kiosque). C’est le train de la facilité. On peut imaginer que si les collégiens se comportent ainsi, il en sera de même pour les jeunes apprentis ou les travailleurs. Un constat qui ne peut hélas qu’encourager les patrons de presse à développer de plus en plus une offre multimédia peu ou pas coûteuse et à aller chercher leur financement ailleurs que chez les véritables lecteurs, dans la publicité .

 

(29) Mme Clavenna-Cosandey

(30) Enquête réalisée par Etudes et Recherche pour la Conférence inter cantonale de l’Instruction publique, mars 2006.

 

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