5. LES JEUNES, LA PRESSE ET LE MARCHE

 
5.3. Les jeunes, côté professionnel

Envisageons maintenant l’autre versant de la presse au chapitre des jeunes : à savoir le destin des jeunes journalistes eux–mêmes. Destin auquel les patrons de presse s’intéressent de près. En effet, le métier de journaliste s’est considérablement transformé avec les capacités technologiques qui ont vu le jour ces vingt dernières années. Aujourd’hui, l’information immédiate est rendue possible par la technologie et le journaliste se doit de travailler dans l’urgence. Et puis, les patrons de presse ne sont pas insensibles à l’hypothèse voulant que désormais «une entreprise qui ne propose que des versions papier n’a plus aucune chance. »(31) La publication du journal sur internet ou autre support multimédia permet au journal de diminuer les coûts qu’implique une fabrication de journal sur papier. Ainsi, de plus en plus de journaux ont une édition en ligne sur internet (environ 80% des journaux du monde en possède une).

Créateur du « Projet 2010 », également nommé Laboratoire du futur chez Ringier(32), Thomas Trüb rappelle que « la jeune génération a une relation intime avec les technologies internet et le téléphone mobile et lira le journal sur d’autres supports. Nous devons offrir les deux possibilités. » Concernant l’évolution du profil professionnel, il formule la thèse que les journalistes continueront à être compétents en matière de contenu et qu’ils devront apprendre à le livrer eux–mêmes aux différents canaux de transmission existants, au contraire de la thèse prévoyant que chaque canal a besoin de journalistes propres. Il s’agit donc de les former dans cette direction.

 

(31) Jean-François Mabut, interviewé le 6 septembre 2007

(32) «  La nouvelle génération de journalistes travaillera de façon multimédiale », in Impressum, organe officiel des journalistes suisses, interview de Thomas Trüb par Philipp Cueni.

 

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